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• gina pane est disparue en 1990, plasticienne considérable, elle contribue dans les années 70 à déplacer les concepts du corps en l'incluant dans son art : gina pane, documents, bio et bibliographie

• beauté de Gina Pane : une artiste essentielle, catalogues ou livres, n'hésitez pas, collectionnez, accumulez


Lettre à un(e) inconnu(e), édité à l'ENSBA par Blandine Chavanne et Anne Marchand en 2004, découvrez gina pane par ses textes...

• février à mai 2005 : une rétrospective gina pane à Beaubourg

• mon texte précédemment en ligne, Pourquoi Gina Pane se faisait-elle si mal, n'est pas en ligne actuellement, pour retravail - sans doute sera-t-il un des éléments de Seventies, roman, à paraître 2006/2007...

approches de Gina Pane
articles et documents: note bibliographique ___ présentation Inrockuptibles ___ Gilbert Lascault pour l'Universalis ___


Gina Pane, "terre protégée", 1970 (Italie) - droits réservés

note bibliographique
• deux noms plutôt que deux livres, puisqu'on les retrouve dans la plupart des catalogues et ouvrages: Anne Marchand, exécutrice testamentaire, et Anne Tronche, qui a réalisé le premier vrai livre monographique sur Gina Pane, aux éditions Fall, en 1991 (Actions, mais je crois que j'ai acheté les derniers exemplaires encore trouvables)
• parmi les catalogues les plus intéressants, celui de l'exposition 2001 à Southampton (on le trouve à la librairie Flammarion de Beaubourg), puis surtout, surtout, celui de l'hommage rendu par l'école des Beaux-Arts du mans (se le procurer sur place - il dévoile une gina pane toute proche, dans son rapport à ses élèves, dans son rapport à la transmission)
• synthétique et riche, le récent catalogue de l'expo du musée des Beaux-Arts de Nancy (commissaire Blandine Chavanne)
• Gina Pane occupe aussi une place notable dans le catalogue "les années 70" du CapC Bordeaux (introduction de Maurice Fréchuret) - le CapC Bordeaux, sous la direction de Jean-Louis Froment, avait été un des premiers établissements à accueillir l'oeuvre de GP
• en espagnol, le travail de référence est celui de Gloria Picazzo, deux magnifiques catalogues, textes en rapport
• et bien sûr Lettre à un(e) inconnu(e), ci-dessus, avec une large sélection des textes de gina pane
• chez
Mona Lisait et autres bouquinistes parisiens, on trouve encore fréquemment revues années 70 avec ses "constats d'action"

 


gina pane, enfoncement d'un rayon de soleil, 1969 (droits réservés)

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Gina Pane - Sur le rebord du monde
le meilleur texte de présentation concise, paru dans les Inrockuptibles en mars 2000

Figure essentielle de l'histoire de l'art, Gina Pane sut faire de son corps un instrument de langage. Les rituels de son oeuvre, contradictoires à l'extrême, se jouent de l'amour et de la douleur. Pour mieux s'incarner.
Au début des années 80, Le Petit Larousse illustré, bible grise et sans souffle des salles de classe, réservait une drôle de surprise aux lecteurs des pages consacrées à la lettre "p". Rappelons d'emblée que, contrairement à l'austère - et donc noble - édition du Petit Robert, le Larousse offrait des pages épaisses, presque glacées, comme celles des magazines, émaillées de photos, de portraits d'hommes célèbres et de reproductions de chefs-d'oeuvre de l'histoire de l'art. Autant dire sans grand effort d'imagination ni d'originalité. Mais au début des années 80, on y trouvait pourtant, juste après les inévitables "Pacifique", "Pakistan", "Palatin" et autres "Panama", un inexplicable interstice de violence pure : les images juxtaposées d'un bras humain planté d'épines, d'une tête baissée, d'une lame de rasoir coupant un poignet et d'un bouquet de roses. Quelques centimètres carrés d'abstraction perdus dans l'épaisse masse du Larousse, si rationnel, rassurant et raisonnable par ailleurs. Par une incroyable intuition artistique, l'éditeur avait cru bon d'y reproduire l'une des plus fascinantes performances de Gina Pane : L'Action sentimentale. Effleurant par la même occasion, et bien qu'à leur insu, l'imaginaire des collégiens en mal de données moins scolaires. Bien avant la découverte de l'art contemporain, un premier signal d'alerte.
Aujourd'hui, dix ans après sa mort prématurée des suites d'un cancer, Gina Pane occupe une place indécise dans l'histoire de l'art hexagonal. Une référence absolue pourtant peu montrée, aucune rétrospective n'ayant à ce jour été organisée en France. Quelques catalogues édités à peu d'exemplaires, une présence égrenée au fil d'expositions thématiques et un regard historique, forcément réducteur, qui continue de classer le travail protéiforme de cette figure essentielle de la fin du xxème siècle derrière le désuet courant d'art corporel. Or, si l'art de Gina Pane bouleverse encore aujourd'hui, c'est au contraire par son vocabulaire hors champ et hors limite, la justesse atemporelle de son ton, l'intransigeant rapport à la beauté qui le sous-tend. Un travail extrême en bien des points, contradictoire, douloureux et apaisant, liant gestes d'amour et d'abandon à l'autre à d'impressionnantes séances d'automutilation et de dégoût de soi. Art de la faille.
Au Mans, l'école des beaux-arts, à l'initiative de sa directrice Servane Zanotti, évoque pour encore quelques jours l'oeuvre de Pane. Retour parcellaire sur celle qui, pendant quinze ans, de 1975 à sa mort en 1990, y fut professeur de peinture. Incomplète, l'expo déçoit par son choix délibéré de s'attarder sur les travaux les moins connus de l'artiste, en particulier les oeuvres de la fin de sa vie, sculptures de bronze et représentations de croix placées en des caissons transparents, pour une tentative tardive de relecture de La Légende dorée. Paradoxalement, ce sont certainement ces pièces, les plus récentes, qui ont le plus vieilli, figées dans un symbolisme lourd, post-Beuys, évoquant la saga poussiéreuse des saints martyrs chers à la tradition catholique. Rien à voir avec la liberté absolue de la période précédente, tout entière tournée vers la société contemporaine.
Car le travail de Gina Pane colla toujours aux souffrances du corps social, offrant par le sacrifice de sa propre intimité une sorte d'exutoire au malaise ambiant. En 1971, alors que la presse grand public mentionnait pour la première fois à ses lecteurs la mort d'un jeune homme par overdose - signe symbolique du passage de la question jusqu'ici taboue de la drogue au rang de problème de société -, elle proposa à Bordeaux une performance vécue comme un geste de réconciliation, plongeant les mains dans une bassine de chocolat chaud, lentement, doucement, face au public. Art rituel, porteur de la mémoire des autres. La même année, le hasard voulut qu'une autre fameuse performance, Nourriture/Actualités TV/Feu, corresponde à la première mention, au journal télé, du chômage comme phénomène social naissant. Toujours cette question de l'invisible blessure collective.
Née à Biarritz d'une mère autrichienne et d'un père italien restaurateur de pianos, Gina Pane se distingue sur la scène artistique française dès 68, avec une série d'actions (terme qu'elle préférait à celui de "performance", trop démonstratif) qui en fait d'emblée une figure admirée du body-art français, aux côtés de Michel Journiac. Mais alors que ce dernier pratique un art du corps très premier degré - voir la fameuse messe de 69 célébrée autour de tranches de boudin fait de son propre sang -, Gina Pane fait de son corps un instrument de langage et non l'objet de son art. Un mode d'expression qui prend la forme de longues actions (rarement moins de 50 minutes) qu'elle chorégraphie à l'extrême, prévoyant le moindre geste, la moindre position, qu'elle conçoit sur des carnets par le biais de storyboards. Entièrement vêtue de blanc, couleur choisie pour sa neutralité, elle s'abandonne littéralement au public lors de mises en scène dramatiques, ponctuées de moments paroxystiques. Pendant la performance Psyché (essai), elle s'entaille la peau des sourcils, par petites touches, jusqu'à faire couler des larmes de sang sur ses yeux, qu'elle couvre ensuite d'un bandeau blanc. Sous l'étoffe apparaissent alors deux taches rouges, symboles de la double vue.
Très loin de la boucherie sanguinolente de l'actionnisme viennois, Pane alterne la douceur (se caresser le ventre avec des plumes, jouer avec une balle, jouer à enterrer le rayon du soleil dans la terre, déplacer des pierres humides vers le versant ensoleillé d'une montagne) et l'insupportable (se couper le nombril, étouffer un feu de ses pieds nus, manger de la viande crue pendant 1 h 30, laper un mélange de lait et de menthe à l'eau le ventre à terre, ramper sur une paroi de sable à pic pendant 30 minutes). Catharsis de la douleur.
"Dès le début, elle utilise son corps comme un alphabet plastique, explique Anne Tronche, commissaire de l'exposition du Mans. On a beaucoup dramatisé ses actions, on a dit qu'elle mangeait de la viande avariée, qu'elle adoptait un comportement masochiste. Mais c'est faux. Elle ne s'est jamais mutilée. Elle ne revenait jamais sur ses anciennes blessures. Ses gestes ont une qualité énigmatique, comme les sculptures primitives. Elle est cruelle envers elle-même mais traite son corps comme adulte, conscient et responsable. Elle se défendait d'être un gladiateur."
Un art de l'éphémère dont subsistent des traces photographiques conçues comme de véritables oeuvres, de grands aplats de photos assemblées comme des tableaux. Et quelques films, réalisés d'après ses propres indications, très précises. L'un des plus crépusculaires est certainement Death control, tourné en 74, lors de la foire de Bâle. Sur le stand de la galerie Diagramma, on y voit Gina Pane gisant au sol, le visage couvert d'asticots. Difficilement supportable, le film montre les vers grouillant sur les joues, glissant dans les yeux et les oreilles. Une indépassable image de mort, d'une crudité répugnante et sans appel, comme si le cadavre de l'artiste transparaissait brusquement sous ses traits.
Avec les années 80, elle abandonne la performance et revient vers la sculpture et la peinture. Commence alors une période non moins intéressante d'écriture sur les murs des musées, en écho aux murs de la ville. Un travail toujours très conscient mais apaisé, comme assagi. Comme si l'essentiel avait déjà été dit pour celle qui avait écrit : "Seule, je tombe souvent dans le néant. Je dois poser les pieds prudemment sur le rebord du monde de peur de tomber dans le néant. Je suis forcée de me cogner la tête contre une porte bien dure pour me contraindre à rentrer dans mon propre corps."
Jade Lindgaard
© Inrockuptibles, mars 2000


nourriture, feu, actualités T.V., gina pane, 1973

 

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Gilbert Lascault dans l'Universalis: Gina Pane 1939-1990
une autre approche très juste, celle de Gilbert Lascault dans l'Universalis

Née en France, à Biarritz, Gina Pane y a vécu, y a enseigné dans des écoles d'art. Elle y a montré la plupart de ses actions artistiques et de ses Partitions. En même temps, elle a constamment souligné (en particulier dans certains des titres qu'elle a donnés à ses œuvres) ses rapports privilégiés avec l'Italie. Elle évoque un grand-père napolitain, une grand-mère piémontaise, un père né à Turin, une mère autrichienne. Mais, en un moment de l'histoire de l'art où beaucoup d'artistes soulignent leur «identité culturelle», elle revendique surtout un internationalisme qui n'est guère à la mode: «J'ai des relations avec des formes et des problèmes qui appartiennent au monde entier [...]. Ma culture est un croisement; elle est métisse.» En riant, elle avoue être une artiste qui lit et elle aime citer «pêle-mêle» les auteurs qui, parfois, l'aident dans ses recherches artistiques: Rimbaud, Baudelaire, Georges Bataille, Ezra Pound, James Joyce, Merleau-Ponty, Cioran, «et puis Socrate, oui, Socrate». Une de ses œuvres s'intitule: L'Homme à la branche verte qui n'avait pas lu «Les Fleurs du mal» (partition pour une blessure), 1982...
La plupart de ceux qui commentent les travaux de Gina Pane soulignent d'abord son rôle à l'intérieur de ce qui a été appelé le body art. De 1971 à 1980, elle a créé un certain nombre d'événements. Elle a mis en danger son corps. Elle lui a porté atteinte. Elle l'a blessé avec des lames de rasoir, avec des épines de rose. En 1971, Escalade non anesthésiée l'amène à gravir, mains et pieds nus, une échelle aux marches coupantes.
Avaler 600 grammes de viande hachée, crue, avariée; éteindre des feux avec ses mains et ses pieds nus; se placer, dans un équilibre instable à l'extérieur d'une fenêtre du deuxième étage d'une maison: ces actions extrêmes, soigneusement préparées par des dessins de l'artiste, appartiennent à ce que l'on pourrait nommer (en se rappelant les textes d'Antonin Artaud sur le théâtre) un art de la cruauté. Le corps est ici interrogé, mis à la question... Lorsqu'il regarde les actions elles-mêmes, les dessins qui les précèdent, les photographies qui en naissent, le spectateur est amené à réfléchir sur la blessure, sur le dégoût; sur la douleur; sur les limites qu'il faut (ou qu'il ne faut pas) imposer à l'acte artistique; sur le sang (qui est aussi la couleur rouge); sur la cicatrice (qui est aussi un dessin); sur les rapports du corps avec les nourritures, avec le feu, avec l'eau, avec le verre ou l'acier. À juste titre, les commentateurs ont donc souligné la violence de ces actions, le tragique du corps marqué et mis en danger. Ils n'ont pas assez remarqué les moments de calme, de douceur, de jeu qui interviennent à l'intérieur de ces actions intenses. Entre deux blessures qu'elle s'inflige, Gina Pane redevient l'enfant qui joue avec un tout petit objet: une plume, une petite balle. Et ces moments tendres ne sont pas les moments faibles de l'action, mais au contraire les instants où l'énergie s'accumule pour permettre les gestes intenses qui leur succèdent.
Gina Pane a nommé une de ses actions Azione sentimentale (1973). Elle n'est pas de ceux qui méprisent les sentiments, les charmes de l'amour, la pitié, la tendresse, les larmes. Elle se méfie du «regard froid». Violentes et tendres, mêlant cruauté, douceur, angoisse et humour, toutes ses actions peuvent être nommées «actions sentimentales».
Vers 1980, Gina Pane cesse ses actions et son activité artistique aboutit à des Partitions.
Difficiles à décrire, ce sont des ensembles constitués d'éléments hétérogènes et destinés à faire imaginer au spectateur plusieurs récits possibles. Ce sont d'étranges partitions pour des musiques du silence. Elles peuvent être lues de diverses façons. Jeux entre les pleins et les vides, elles manifestent que les distances entre les formes sont aussi importantes que les formes... Elles explorent les possibilités des matières et les effets que produisent leurs rencontres. Par exemple, en 1986, L'Échelle du martyre de saint Laurent no 3 (partition pour un corps irradié) met en rapport verre, bois, fusain, fer et cuivre... Assez souvent, les Partitions comprennent à la fois des éléments identifiables (tasses, jouets, sapins, verres à boire cassés ou non, etc.) et d'autres qui le sont moins. Certains de ces éléments sont en deux dimensions et d'autres en trois...
Il convient de souligner les liens complexes entre les actions de Gina Pane et ses Partitions. On remarquera d'abord que les actions elles-mêmes étaient préparées par des dessins et des notes qui formaient en quelque sorte des «quasi-partitions». D'autre part, les sous-titres que Gina Pane donne à certaines Partitions montrent qu'elles répondent aux mêmes soucis que les actions: «Partition pour une blessure» «Partition pour un fusil-mitrailleur», «Partition pour un combat», «Partition pour un corps retourné», «Partition pour une angoisse» et aussi «Partition pour quatre jouets»... La réflexion de l'artiste sur les blessures l'amène à des œuvres qui évoquent les saints martyrisés ou les stigmates de saint François d'Assise. Elle la conduit aussi à montrer les blessures des matières: verres brisés, fer attaqué par la rouille.
Mais, à chaque moment de l'œuvre de Gina Pane, il convient de ne pas seulement voir les aspects angoissants, douloureux de son travail. L'une de ses dernières œuvres, créée en 1988-1989, s'intitule La Chair ressuscitée.
© Gilbert Lascault / Universalis

 


gina pane, "action sentimentale", 1973
link

[PDF] 1 DP Gina Pane




Zona primaria: pensamiento circular

Fecha de modificaci�n: 23/12/2005 14:18
Fecha de creaci�n: 23/12/2005 15:17
Compilador: Celia Gradín
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